Déjà un an :
Changer nos modes de production, d'utilisation et de consommation de l'énergie : c'est ce que nous impose la nouvelle donne énergétique mondiale. La montée des risques environnementaux le justifie plus que tout. Si l'on veut répondre à ce que le vice-Président Al Gore a appelé l' « urgence planétaire », probablement faut-il consommer moins, mais surtout consommer mieux. Notre réflexion collective sur les enjeux géopolitiques de l'énergie a clairement montré que nous devons, dès à présent, changer nos modes de vie, modifier nos comportements, envisager d'autres façons de produire, de nous déplacer, de nous loger, de nous chauffer... Ceux qui sont aujourd'hui habitués à leur confort matériel devront se résoudre à partager une richesse qu'ils considèrent comme étant la leur ; nous savons qu'elle est un bien commun de toute l'humanité. Il n'existe évidemment pas de plan d'action miracle mais il ne faut pas se résigner à la fatalité. Au-delà de l'indispensable volonté politique que doivent manifester les Etats, des progrès sont possibles si nous agissons ensemble dans un esprit de responsabilité et de solidarité. Cela implique de redoubler nos efforts de recherche au service des énergies du futur. Les grands gagnants de la crise énergétique actuelle - et au premier chef les compagnies pétrolières, dont les profits n'ont jamais été aussi élevés - doivent investir encore plus largement dans la recherche, qui aidera à accélérer la transition énergétique, grâce à une utilisation systématique des énergies de substitution aux hydrocarbures. Mais sans le soutien des populations, de tels efforts seront vains. Le temps est venu d'une révolution des esprits, des méthodes, des comportements. Le Président Kennedy aimait à citer cette anecdote. Le Maréchal Lyautey demanda un jour à son jardinier de planter un arbre. Celui-ci lui objecta que cet arbre mettrait un siècle à pousser. Et Lyautey de lui répondre : dans ce cas, pas de temps à perdre : plante-le maintenant ! Chacun a entre ses mains le destin de tous. C'est aujourd'hui qu'il faut agir.
Rapport d'information de l'Assemblée Nationale du 29 novembre 2006 sur "énergie et géopolitique"