L'équipe du site d'informations (payantes) Arrêt sur Images indique qu'elle peut souverainement attribuer le statut « d'ami fauché » à toute personne (physique ou morale) qui en fera la demande, par courrier motivé. Cette catégorie d'abonnés se voit donc officiellement mentionnée dans les tarifs :
abonnements arrêt sur images

Bien sûr, les abonnements gratuits à divers titres existaient déjà. Personne n'a attendu internet pour fournir gracieusement à certains clients des services facturés à d'autres. Faut-il y voir un signe de maturité d'internet où règne encore l'illusion du "tout gratuit" ? "Tout gratuit à n'importe quel prix", serais-je tenté de rajouter. Une autre alternative consiste à tendre une sébile virtuelle et à faire appel à la générosité du public. Mais on sait ce que ça donne. En général des rendements très inférieurs à de la bonne vraie grosse publicité sous forme de skyscrapers, bandeaux ou autres textes invasifs. On précise ci-dessus que l'abonnement de soutien est illimité. C'est une bonne astuce, de nature à inciter les donateurs à se surpasser.

Afficher à priori que l'accès et payant, c'est un peu un renversement de situation. Est-ce qu'il y a vraiment beaucoup d'internautes, consommateurs d'informations, prêts à franchir cette étape ? C'est ce que veulent croire Daniel Schneidermann et Edwy Plenel (même si les "amis fauchés" ne sont pas mentionnés dans les tarifs de Mediapart).

Est-ce que cela apporte un peu plus de diversité, de nouveauté et d'indépendance sur le web ? C'est ce que l'on veut croire aussi. Faisons du neuf avec du vieux !
Mais le portail des copains - et d'autres - existent depuis plus de 10 ans. Pas besoin de faire des allusions aux amis fauchés, c'est toujours gratuit. N'oublions pas non plus que LMB Actu, devenu Internet Actu, est publié depuis 1996, et que ce modèle de presse payante uniquement via internet a été cultivé (pour ne pas dire inventé) par FTPresse en 1999.

C'était le web combien ça ?